Clean Beauty ou Greenwashing

 

L’allégation « Clean Beauty » : porte d’entrée du Greenwashing ?

 

Cosmebio nous informe :

L’origine de l’allégation « Clean Beauty »

Clean adj. inv. : qui est net, propre

II y a quelques années déjà, cette terminologie est apparue sur le marché français. Pourtant son origine nous vient des Etats-Unis, il s’agit d’une nouvelle méthode de marketing qui valorise les cosmétiques qui revendiquent une composition dite «propre».

La « Clean Beauty » a été utilisée par les marques qui souhaitaient proposer des produits avec plus d’ingrédients naturels et moins d’ingrédients superflus, voir nocifs.

Cette démarche qui est noble en soi doit beaucoup au contexte réglementaire américain. Aux Etats-Unis, seulement une dizaine de molécules sont interdites’ selon la réglementation américaine tandis qu’en Europe nous en comptons plus de 1300. La clean beauty est donc née d’une réponse à cette absence de réglementation.

Malgré l’existence d’une réglementation européenne très stricte et d’un label bio fort, la « Clean Beauty » a quand même trouvé sa place sur le marché Français. Un marché qui, nous le rappelons, bénéficie déjà de notre label Bio dont les exigences sont bien plus strictes et précises que les engagements de certaines marques non-certifiées qui se revendiquent de la Clean Beauty.

Les promesses nobles de la clean beauty s’essoufflent dès qu’elles cherchent à tromper le consommateur par le storytelling sans apporter la preuve de ses engagements réels.

L’usage du terme « Clean Beauty » n’étant pas réglementé, il est possible de l’utiliser pour toutes les marques : celles qui proposent des cosmétiques à base d’ingrédients pétrochimiques, celles qui proposent des cosmétiques à base d’ingrédients d’origine naturelle mais non certifiées (donc avec un manque de traçabilité de ses matières premières) et celles véritablement certifiées bio.

Une allégation sans contrôle, ni certification

L’absence d’une définition ou d’un cahier des charges officiel pour La Clean Beauty entretient le flou sur l’engagement des marques qui se revendiquent de ce mouvement qui de fait reste très ouvert. Pour elles, « La Clean Beauty » est une réponse facile à la demande de réassurance du consommateur.

En effet, de nombreux abus se cachent derrière cette terminologie :

Premier exemple : Une marque qui se revendique « Clean Skin care» dans son slogan commercialise un produit contenant un grand nombre d’ingrédients synthétiques mais aussi des ingrédients nocifs et interdits par notre référentiel COSMOS : Carbomer (soupçonné d’être cancérigène), Phenoxyéthanol (irritant, suspecté d’être toxique pour Ie foie et Ie sang, procédé de fabrication très polluant), Sodium Hydroxymethylglycinate (libérateur de formaldéhyde).

Le deuxième cas que nous souhaitons pointer du doigt : Une marque qui affiche un label

« Clean Beauty » et proclame d’être « certifiée Clean » utilise du Sodium Cocoyl lsethionate (SCI) dans ses produits. Un ingrédient qui est notamment interdit par Ie référentiel COSMOS à cause de son procédé de fabrication très polluant relevant de la chimie lourde. II nous semble contradictoire de dire qu’un produit est « clean » lorsque celui-ci contribue à la pollution de l’environnement et nuit à la santé des travailleurs.

La Clean Beauty ne doit pas être confondue avec la « certification » et encore moins avec la « bio »

Tous les cosmétiques certifiés bio (donc labellisés Cosmébio) sont « clean » mais tous les cosmétiques qui se revendiquent « Clean » ne sont pas certifiés bio. Le manque de contrôle cité plus haut a créé un marché avec beaucoup d’allégations « sans » et de « blacklists ». Comment le consommateur peut-il s’y retrouver ?

D’ailleurs si une marque peut affirmer que ses ingrédients sont d’origine naturelle sans certification, comment le consommateur peut-il être sur que, par exemple, l’«ASCORBYL PALMITATE» cité dans sa liste lNCl n’est pas d’origine synthétique ou animale ?

Ce qui nous dérange avec la terminologie « La Clean Beauty » est qu’elle sert à remplacer les allégations plus strictes comme « La cosmétique naturelle » et « La cosmétique Bio » qui sont des allégations soumises au règlement n°655/2013 et contrôlées par Ie DGCCRF*.

Conclusion

Depuis son arrivée en France, la « Clean Beauty » a capté l’attention du consommateur avec un message simple parfois au détriment de la certification et de la « vraie » cosmétique bio.

Avec cette prise de position, nous souhaitons rappeler au consommateur que seule la certification naturelle et bio apporte une réelle garantie sur la composition des cosmétiques. D’ailleurs, seuls les labels tels que Cosmébio sont reconnus comme « excellents » par I’ADEME. Nous invitons donc Ie consommateur a se renseigner sur les réelles motivations des marques qui se revendiquent de la clean beauty. En l’absence de certification, on découvrira parfois une réalité paradoxale.

Alors, nous affirmons clairement que Ie « storytelling » participe à la démarche marketing des marques mais que seul Ie label Cosmébio et Ie référentiel COSMOS apportent aujourd’hui une réelle garantie au consommateur en matière de composition des produits et d’innocuité des formules.

Pour choisir de bons cosmétiques : « Clean » c’est bien ! Mais bio c’est mieux !

SOURCES :

1 https://www.fda.gov/cosmetics/cosmetics-laws-regulations/prohibited-restricted-ingredients-cosmetics

2 https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cge/filiere-parfums- cosmetiques.pdf?v=1648227721